Le passé industriel de Soubès


Le passé industriel de Soubès (et par extension du Lodévois)

Divers personnages devant les mines de fer du coteau de Font d'Amans. Photo Blain Fres (Valence - Drôme). Vers 1895 ?

Parmi les activités industrielles les plus anciennes de Soubès, figurent l'extraction de minerai. S'il existait des mines dès l'époque romaine, puis au Moyen-Age (notamment pour la fabrication de la monnaie), c'est dans le dernier tiers du XIXe siècle que l'on constate l'exploitation la plus importante sans doute.

En 1872, il existait même la Compagnie Boissondy, puis en 1875 la Compagnie des Mines de Soubès (historique de Francis Moreau). La photo ci-dessus est remarquable car elle semble être prise pendant l'exploitation même. Pourtant vers 1875, la photographie - de cette qualité- était encore bien peu répandue... On pencherait plutôt vers la fin du XIXe... L'âne (ou le mulet) bâté, la brouette, font pourtant penser en faveur d'une activité en cours.

L'usine du Martinet : la partie la plus ancienne datant du XIXe siècle.

L'étymologie de Martinet pourrait venir de marteau-pilon selon Francis Moreau. Etablie sur la rive gauche de la Lergue, cette usine succéda à un moulin démoli vers 1850. Dès 1848, il existait la sécherie de papier Sarron puis la fabrique Calvet-Teisserenc.

Cheminée de briques de l'usine du Martinet. C'est la dernière encore en place dans la commune (la cheminée de l'usine de l'Oulette qui avait pris la foudre a dû être abattue vers 1990).

L'usine du Martinet gagnée par la végétation. Photo prise en 2008, Y. Vellas. Propriété privée. Remerciement au propriétaire M. Berneron pour l'accord de diffuser les photos.

L'usine du Martinet : la Rotonde. Ph. Y. Vellas.

En 1961, vente de l'usine du Martinet par M. Meunier à M. Boudon un industriel du Vigan (Gard), qui lancé un projet de réindustrialisation pour la fabrication de bas. Présentation de la maquette. Photo D.R.

Visite de l'usine du Martinet en activité en 1962 par le conseiller général Jean Mercadier.Photo D.R.

L'usine du Martinet fut la dernière en activité à Soubès jusqu'en 1982 où on fabriquait des bas. L'usine a connu au plus fort de l'activité, jusqu'à 120 employés, femmes et hommes, la plupart de Soubès . Lors de la fête du Travail de 2011, Simone et Jeanine Sirven qui ont travaillé à l'usine jusqu'à sa fermeture, ont bien voulu évoquer cette période, pour le journal Midi Libre, édition de Lodève. Extrait.

"L'usine comprenait divers ateliers : les métiers, la teinturerie, les apéreuses (mise par paire). Nous faisions aussi les expéditions. Nos principaux clients étaient les grands magasins comme les Galeries Lafayette. Les femmes travaillaient aux métiers, les hommes aux teintos. C'était le plus pénible pour eux surtout en été à cause de la chaleur et les émanations. L'usine fonctionnait sur la base des 3/8, du lundi au samedi matin, selon un rythme dicté en fonction des commandes. Le travail était pénible car il fallait suivre la cadence de la machine".

L'usine du Pont. Son dernier exploitant fut M. Meunier qui avait aussi une unité plus importante à Lodève. Ph. L. Meunier.

L'âge d'or des usines de Soubès et du Lodévois date de 1850 à 1895 environ, avant que l'activité ne périclite. En 1914, l'instituteur Sauzet écrit qu'il n'y a guère "qu'une vingtaine d'ouvriers dans les usines de fabrication de draps du Pont, du Martinet et de la carderie de l'Oulette".

Vigne et cerisier au premier plan, l'usine Meunier au centre et le village à l'arrière-plan. Photo Louis Meunier.

En 1919, M. Peyaud et Meunier, associés, acquièrent l'usine du Pont à M. Lucien Bousquet.

C'est en 1927, que M. Maurice Meunier se sépara de son associé Peyaud et reprend l'activité dans l'usine du Pont qu'il va développer. L'usine travaille le drap pour l'armée, ainsi que pour la S.N.C.F. Durant la guerre de 1939 - 1945, l'usine sera réquisitionnée pour servir le armées. L'entreprise a compté plus de 100 salariés sur le site du Pont mais également du Martinet à Soubès et à Lodève.

Le travail consiste aussi à la récupération de tissus et notamment de tuniques de l'armée d'Afrique du nord (burnous). Les articles de toile rude sont passés à l'effilochage et transformés par l'adjonction de fil plus noble et reconditionnés.

L'inventaire du 10 novembre 1928, fait apparaître "1100 burnous, 2084 drap bleu, 100 drap burel, 750 bleu fin indigo" etc...

 

L'usine Meunier après le sinistre qui la détruisit entièrement vers 1950. Ph. Louis Meunier.

Usine Meunier dite du Pont. Intérieur durant l'activité. Ph. Louis Meunier.

 

L'usine Meunier : les machines, photo Louis Meunier.

Usine Meunier : les locaux de stockage. Ph. L. Meunier.

L'unité de fabrication dans l'usine du Pont s'est arrêtée en 1960.

L'ancienne usine du Pont (dernièrement Meunier), actuellement sur la rive droite de la Brèze. Ph. Y. Vellas.

Prise d'eau sur la Brèze en aval de la cascade des Piétinets qui alimentait la turbine de l'usine du Pont - Meunier. Le canal entretenu par Mme Ida Meunier dirige toujours de l'eau vers l'usine. Ph. Y. Vellas. (2008).

L'ancienne usine de l'Oulette : au 1er plan, la cascade de l'Oulette à partir de laquelle existait une prise d'eau pour alimenter la turbine de l'usine. A une époque (1950 ?), il a existé aussi une pisciculture.

L'usine à pris la place à l'ancien moulin de l'Onde (démoli en 1848), selon Francis Moreau. Il s'est agit d'abord de la filature Calvet-Teisserenc. Il y a eu une activité industrielle jusqu'en 1996, avec l'imprimerie des Beaux-Arts de M. Jacques Vanquatem. Ce fut la dernière activité industrielle de Soubès.

Remerciements.

A M. Francis Moreau pour ses recherches historiques. A Mme Ida Meunier, pour l'évocation des souvenirs et le prêt de photos. A Mlles Simone et Jeanine Sirven pour leurs témoignages sur l'activité de l'usine du Martinet. M. Gérard Guilhaudin pour le prêt de la photo de la mine.