Du néolithique à nos jours


du néolithique à nos jours (essai)

Les grottes des falaises du Larzac ont servi d'habitat aux premiers hommes.

Dolmen n°1 des Coutelles.

Des mégalithes disséminés en bordure du Larzac, témoignent de la présence humaine dès 5500 ans avant JC. Le dolmen n°1 des Coutelles - hélas incomplet-, a fait l'objet d'une fouille archéologique en 1956 par Gaston Arnal, archéologue au CNRS. Déjà fouillé clandestinement, le mobilier trouvé s'est résumé à deux perles.

Il y a deux autres dolmens également incomplets : le dolmen n°2 des Coutelles, situé à environ 400 m plus au sud que le premier. La fouille effectuée par G. Arnal, a mis au jour un poinçon en os poli (long. 6,5 cm), un débris de hache ou de palette en schiste poli (long. 6,6 cm) et quelques tessons de poteries sans caractère.  Un troisième mégalithe existe près de la ferme la Canourgue. Enfin, un quatrième dolmen situé en ligne de crête du serre de Molenty également fouillé par G. Arnal a offert un mobilier plus abondant : un poignard à soie en bronze, plusieurs flèches, etc... Hélas, il a disparu sous les remblais de la piste forestière !

 

Le site du cimetière actuel aurait abrité le premier habitat gallo romain. Francis Moreau y a trouvé une pièce de monnaie de Tetricus, empereur des Gaules de 270 à 273.

Monnaie romaine (cuivre) provenant du talus de la D25 face au cimetière trouvée lors d'une fouille par le Groupe Archéologique Lodévois en 1990. Ph. Gal, Gérard Mareau.

Chapelle Saint-Clément-de-Man, en bordure du Larzac, vue générale avant sa restauration.
M
entionnée pour la première fois dans une charte relative à l'abbaye de Vabres, cette chapelle présente un plan pré-roman caractéristique du Xe siècle. Un premier village existait-il déjà autour de la chapelle qui paraît avoir succédé à un bâtiment gallo-romain (fragments de poterie sigillée de la Graufesenque du Ier siècle apr. JC) ?

Selon Francis Moreau, jusqu'au Xe siècle, les premiers habitats de la vallée étaient dispersés aux lieux-dits les Souls, Canet, notamment. Il n'existe, à priori, aucune trace de ces habitats de faible consistance.

Soubès, naît en 988, par une mention "Villam supertis" dans ce qu'on a coutume d'appeler le "testament" de Saint-Fulcran. L'évêque de Lodève étant à l'origine de la création du village "haut" par opposition au "village bas" qui correspondait à des habitats situés autour du cimetière. A l'approche de l'an mille, avec l'incursion des routiers, la population dispersée doit se protéger : Fulcran fait construire la Tour qui sert de forteresse et ceint le village de remparts.

L'énigme du Castel Viel si le site du cimetière et le bourg actuel représentent les deux lieux d'origine du village, il existerait cependant un troisième lieu d'occupation appelé "Le Castel Viel" (château vieux) cité dans une charte encore difficile à dater selon les historiens : soit de 988 ou de 1095... Francis Moreau, suppose que le Castel Viel a constitué un site intermédiaire entre la butte du cimetière et le bourg actuel. Le lieu décrit était "entouré d'olivettes et proche d'un ruisseau où il y a des "cannes" qui servent "à écrire". Il ne nous est toujours pas connu et pourrait se situer à Coutelles, mais en dépit de recherches archéologiques rien ne permet de l'affirmer avec certitude.


Vue aérienne du village de Soubès tel qu'il pouvait être à la fin du XIe siècle. (Dessin de Gaston-Bernard Arnal).

Sur ce dessin, on remarque la Tour, la porte d'entrée ouest dite du "Fou". Au nord-est, une tour qui sera intégrée plus tard dans le château seigneurial. Au sud-est, la porte des Catinettes. Au sud-ouest, la porte du Traoucou n'existait pas, elle date du XVe siècle.

Francis Moreau ne partage pas cette analyse en l'absence de document dans les archives mentionnant la seconde enceinte au sud.


 Vue aérienne du donjon tel qu'il pouvait être à la fin du XIe siècle (Dessin de Gaston-Bernard Arnal).

Etymologie : en 1110 le village est nommé SOBERS.

 Vestige du rempart 'est' ceinturant le village (XIIe siècle). Propriété privée.

En 1432, malgré les fortifications, Soubès est envahi par une bande de "routiers" pendant 4 jours.

Etymologie : en 1450 : Subertio ou subercio.

XVIe siècle : le château seigneurial est bâti à partir de 1507 par la famille de Peyrottes.  A droite, la Tour. C.P. Arnal.

Etymologie : première mention de "SOUBEZ" qui se rapproche le plus du Soubès d'aujourd'hui.

En 1580, les prostestants pénètrent dans Soubès.

XV- XVIe siècle : le village déborde des remparts par la création à l'ouest de la Coural et des ruelles adjacentes. Le quartier a été entièrement reconstruit au XVIIIe siècle.

XVIIe siècle : peste, disette et sécheresse, provoque un déclin démographique.

XVIIIe siècle : le village bâti sur un massif de tuf ne comptant aucun puits ni source, les habitants utilisaient des citernes mais plus généralement allaient chercher l'eau à la rivière. En 1702 : premier point d'eau créé dans le village par gravitation depuis la source de la Baume. Le bassin ne sera construit qu'en 1770...

XVIIIe siècle : en 1790, Soubès est érigé au rang de chef-lieu de canton comprenant 8 communes : Lauroux, Poujols, Pégairolles, Fozières, Saint-Etienne, Aubaigues, Parlatges. Le 3 Brumaire an X (25/10/1801), ce canton fut supprimé et le tout rattaché à Lodève.

1779- 1784 : l'ancienne église du castrum trop exigüe est remplacée par l'église Sainte-Marie Madeleine. Le clocher est bâti sur les bases de l'ancienne tour qui gardait la porte dite des "Fous".

La fête des Fous : au Moyen-Age, une fois l'an, l'autorité temporelle, l'évêque, autorisait le peuple à se déguiser, à se moquer de l'Eglise. Les gens grimés singaient la messe... Ce sont les prémices du carnaval. Extrait du livre de Francis Moreau.

1780 : création par l'Etat de la route royale de Lodève à Milhaud par Soubès. Construction du pont sur la Brèze. Soubès se trouvant placé sur l'axe nord-sud du Massif central, cela génère une certaine activité commerciale : ouvertures de cafés et d'auberges.

XIXe siècle :

1863 : l'Etat entreprend le reboisement des versants du Larzac au moyen d'espèces rustiques dont le pin noir (pinus nigra nigra). Longtemps voués au pastoralisme, les terrains ne comportant plus de végétation, il s'ensuivait de graves inondations dans la plaine de l'Hérault lors des fortes pluies.

1868-1872 : construction de la mairie. La première école qui deviendra ensuite celle des garçons, est installée au rdc.

Un calvaire daté de 1926 était installé quelque part sur l'espace dévolu à la mairie et au Terral : lors de la création de la place, il a été déplacé à son emplacement actuel au chemin des Garennes.

1875 : érection d'un Christ de mission à l'emplacement de l'ancienne église Saint-Roch démolie en 1839.

1875 : développement des usines de textiles qui vont contribuer à l'explosion démographique du village : 846 habitants en 1875. Ici, l'usine du Martinet qui sera en activité jusqu'à la fin des années 1970 (fabrication de bas et collants).

1896 : construction de l'école des filles à l'Aire. L'école des garçons est située dans la mairie.

XXème siècle : 1902 : premier éclairage public par des lanternaux au gaz à acétylène.

1919 : érection d'un monument en hommage aux 21 soldats soubésiens morts au cours de la Première Guerre Mondiale.

Vieil évier en pierre.

1929 : l'électricité est progressivement installée dans les maisons puis l'eau potable à partir de 1932.

1957 : création d'une laverie municipale sous la mairie pour le lavage du linge. Il y a des douches où les gens viennent se laver.

1968 : la population est à son plus bas niveau : 362 habitants.

1966 : le bâtiment principal de l'école publique à l'Aire de 1896 -à droite- est doublé par un second bâtiment identique à gauche (photo récente) pour abriter une nouvelle classe.

1970 : le village connaît une nouvelle extension avec la construction, sur les coteaux aux vignes abandonnées, des premières" villas" modernes. Il s'agit, en quelque sorte, de la dernière extension du bâti depuis la construction des Barrys au XVe siècle.

1977 : premiers sentiers de randonnée balisés à l'initiative des frères Salvagnac (Robert et André) avec le concours des Scouts de Lodève.

1977 : création d'une classe de maternelle et d'une cantine scolaire. Plus tard, extension de l'école de l'Aire pour la création d'une troisième classe.

1979 : la population atteint 565 habitants. La municipalité (Jean Lassalle, maire) fait construire un "centre d'animation" pour abriter le public lors de fêtes, jeux, réunions familiales (mariages).

1981 : fermeture de la laverie - douches. En 1985, un gîte d'étape pour l'accueil des randonneurs est aménagé dans le local libéré.

1989 : le 2 novembre, ouverture de la maison de retraite La Rouvière par le Sivom la Rouvière : 54 résidents y sont hébergés.

1992 : construction d'une station d'épuration pour le traitement des eaux usées.

1995 : les Soubésiens élisent la première femme maire de Soubès : Marie-Claire Rudelle, native du village. Elle le sera pendant 13 ans, jusqu'en 2008.

2001 : mise en service de la route "de la Rouvière" entre le chemin Farratet la route de Saint-Etienne-de-Gourgas, supprimant ainsi l'enclavement du village. Un projet rendu indispensable par le développement au nord du bourg.

2003 : construction d'un groupe scolaire au chemin des Garennes (Marie-Claire Rudelle, maire) doté de 6 classes pour 140 élèves environ. En 2009, il prend le nom de Gaston Villaret, dernier Poilu soubésien décédé à l'âge de 100 ans en 1998.

2005 : L'autoroute A75 (Clermont-Ferrand - Béziers) qui traverse la commune contribue à "rapprocher" Soubès du coeur d'Hérault, ce qui entraîne un fort développement démographique : 860 habitants en 2006. Le parc d'activités économiques des Arques créé par la communauté de Communes Lodévois et Larzac favorise l'implantation d'entreprises.

2005 : sept filles et sept garçons sont nés sur la commune, contre 12 décès, le solde naturel est positif pour la première fois depuis 1989. C'est aussi un nombre record de naissances : on n'avait pas constaté cela depuis... 1896 !

Remerciements à : Francis Moreau, G.-B. Arnal, le Gal, Evelyne Brusque et M. et Mme Henri Brusque pour l'évocation du passé et le prêt de documents.

Lien internet : histoire de Soubès et du Lodévois, site de Francis Moreau : http://fmoreau.recit.free.fr

Photos de Yves Vellas. Droits réservés.