Poèmes, peintures et dessins


Poèmes, peintures et dessins

L'escalier des Catinettes. Aquarelle de Jean Briatte (+).

Depuis toujours, Soubès inspire les artistes. Quelques-unes de leurs oeuvres...

 Soubès, mon village

Accroché à ta colline,
Inondé de soleil,
Tu sembles couler des jours heureux.
Comme l'aigle sur son rocher
Surveille sa nichée,
Le château, la tour, le clocher,
Semblent te protéger.
La Brèze, le Suberbet, tes rivières  
Te font un beau collier d'argent,
Mais pour combien de temps ?
Un jour peut-être une Manon viendra
Tes fontaines à nouveau couleront.
L’Aire, la Coural, le Terral,
Que de parties de billes,
De courses de cerceaux.
La Ville, le Barri, Catinette,
Que de souvenirs tout cela me rappelle,
Combien tes porches, tes ruelles,
Ont caché d'amourettes secrètes,
Tu as bercé mon enfance
Et mon adolescence.
Soubès, mon village,
Ne changes pas,
Reste tel que tu es.
 
Jean Causse
2008
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Le clocher de l'église Sainte-Marie-Madeleine et la grande fontaine. Dessin de Bruno Causse.

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Hommage à Soubès, le pays où je vais
 
Il est là bas, dans la vallée
Un petit coin que je connais
J’en rêve à tout bout de champ
Mon cœur et moi, il nous attend.
 
C’est le berceau de mes parents
De tous les miens depuis longtemps
C’est vers lui que je m’en irai
Mon village, mon cher Soubès.
 
Il est flanqué de ruisseaux
De montagnes à flanc de coteaux
Du berger et de ses troupeaux
Au loin, on entend l’écho
 
Qu’importe les villes et leurs jets d’eau
Pour moi il n’est rien de plus beau
Que mon village au bord de l’eau
Et son clocher est son porte-drapeau
 
Les chemins j’en connais les détours
Où les croix de pierres sont signes d’amour
Ici tout m’aime et me reconnaît
Vous les sentiers de mes jeunes années.
 
Ne pleurez surtout pas mes amis
C’est le destin que j’ai choisi
D’aller dans cet asile béni
Vivre et y finir ma vie.
 
R. Salanova (+)
Juillet 1982
Poème écrit pour Lucien Albarêt (+), lors de son départ en retraite à Soubès, après une carrière professionnelle à Montpellier.
 
Le Traoucou. Aquarelle de Jean Briatte (+). Juillet 1991.
 
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Soubès
 
Oui, je t’aime, Ô Soubès, ma seconde patrie !
J’aime ton ciel d’azur rempli de soleil,
Ta riante campagne reverdie,
Et tes vignes ployant sous le pampre vermeil,
Et tes coteaux abrupts, et tes plaines fécondes ;
Tes bosquets pleins d’oiseaux et tes vallons ombreux,
Tes sources, tes ruisseaux aux murmurantes ondes,
Tes sentiers parfumés et tes chemins pierreux.
 
J’aime de ta Coural les façades coquettes,
De ton plaisant Terral les platanes feuillus ;
Du Barry, de Pécoul, les terrasses discrètes,
Et de tes vieux remparts les arceaux vermoulus.
J’aime de ton donjon les tourelles antiques,
Vénérables témoins des siècles écoulés ;
J’aime de ton clocher les carillons mystiques,
Appelant au saint lieu le peuple en rangs serrés.
 
J’aime les rudes gars qui labourent ta terre,
Et ceux qui sont partis la défendre là-bas :
Ils ont un noble cœur sous une écorce austère,
Doux agneaux au foyer, fiers lions aux combats.
J’aime ton avenir dans ta belle jeunesse,
Chers enfants d’esprit vif et de sang généreux,
Pour qui je sens au cœur d’un père la tendresse…
Et je reste à Soubès pour l’aimer encor’ mieux.
 
Jean-Antoine Sauzet.
Instituteur à l’école publique de Soubès de 1913 à 1919.
 
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L'escalier des Catinettes. Dessin de Lucien Albarêt.
 
Chant : Restons à Soubès
(Air : montagne des Pyrénées)
 
Sur les bords de la Brèze,
Comme Soubès est beau !
Il n’est rien qui me plaise
Comme son vieux château !
J’aime ses riantes campagnes,
Et ses vallons et ses montagnes,
Ô Soubésiens ! Chantons en chœur,
De mon pays, la paix et le bonheur !
 
Laisse-là ton village,
Disait un citadin ;
Le bonheur en partage
A la ville est certain.
Jamais, jamais, quelle folie !
Je suis heureux de cette vie :
J’ai le grand air, j’ai la santé,
Mon humble toit, l’honneur et la gaîté.
 
A la saison nouvelle,
Le soleil du bon Dieu
Fait la terre si belle
Sous un ciel toujours bleu !
Il met la fleur dans la prairie,
L’épi sur la moisson jaunie,
Un jus vermeil dans nos raisins,
Des chants joyeux partout sur nos chemins.
 
Le labeur de vos bras et l’air pur des montagnes
Vous font une âme saine et un corps vigoureux.
Le vice, n’atteint pas vos paisibles campagnes,
Toujours libres et forts, vous serez vertueux.
 
Jean-Antoine Sauzet
 
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La montée des Catinettes. Peinture à l'huile de Claude Brusque. 1999.

Ce poème raconte la vie de Soubès pendant la guerre de 1914-1918. C’est un instantané du quotidien des Soubésiens. 

Chers absents
Aux Poilus soubésiens et à leur famille
 
Par un beau jour d’été, quand l’aurore vermeille
Vient dorer de ses feux la tour du vieux château
Et que, dans la fraîcheur, la ruche s’éveille,
Comme Soubès est beau !
Mais qu’il est triste aussi, pendant ces jours de guerre !
Au moment de partir pour le travail pressant,
Sur le seuil du foyer, n’apparaît que la mère,
Car le père est absent.
 
Avant de commencer sa pénible journée,
Comme il était heureux, le rude travailleur,
De pouvoir embrasser sa chère maisonnée
Pour se donner du cœur !
Hélas à son réveil, tout chargé de tristesse,
L’enfant dans sa chambrette, attendra vainement
De la main paternelle une tendre caresse,
Car le père est absent.
 
Par les chemins poudreux, les sentiers solitaires,
Marchent, l’outil au bras, des vieillards courageux,
D’héroïques enfants et de vaillantes mères
Front triste et soucieux.
Plus de rires bruyants ; plus de chansons joyeuses !
Malgré le gai soleil qui sourit dans le champ,
Sans le chef bien-aimé, ces âmes sont rêveuses
Et pensent à l’absent.
 
Pourtant le mois de juin a paré la nature,
Donné les premiers fruits et prodigué les fleurs ;
Plus gaîement l’oiseau chante et le ruisseau murmure,
Plus l’ombre a des douceurs !
Mais qu’importe ! au foyer la guerre a fait le vide
Que rien ne peut combler ; on craint en espérant ;
Et tout bonheur est faux, tout plaisir insipide
Goûté loin de l’absent !
 
Au labeur chacun peine et sait, avec courage,
Supporter la fatigue et la chaleur du jour.
Et tous ces faibles bras apportent à l’ouvrage
La force de l’amour !
Tandis que, par leurs soins, vont prospérer les vignes,
Et de riches moissons se couvrir tous nos champs,
Et ces femmes, ces enfants, ces vieillards sont bien dignes,
De nos héros absents.
 
Quand la nuit est venue et que, la tâche faite,
On aspire au repos, comme il fait bon s’asseoir
Sur le seuil de la porte et faire causette
A la fraîcheur du soir !
Depuis plus de quatre ans, une figure amie
N’est plus au rendez-vous ; mais on entend souvent
Redire avec respect, d’une voix attendrie,
Le nom du cher absent.
 
Quand l’heure du repas assemble la famille
Près du père et de la mère en douce intimité,
C’est le bonheur pour tous et, dans tous les yeux brille
Un rayon de gaîté.
Mais lorsque l’être cher qui présidait la table
Souffre et languit au loin, au danger menaçant,
Chacun triste et rêveur, regarde, inconsolable,
La place de l’absent.
 
Avant que le sommeil ait fermé leur paupière,
La mère et les enfants sont tombés à genoux,
Pour adresser au Ciel cette ardente prière :
« Seigneur, exaucez-nous !
« Gardez-le sain et sauf, dans la dure bataille ;
« Contre nos ennemis, rendez-le triomphant,
« Et couvert de lauriers cueillis sous la mitraille,
« Ramenez notre absent !
 
Lorsque la sombre nuit, dans Soubès qui sommeille,
Couvre d’un voile noir l’angoisse et la douleur,
L’ange du souvenir, au foyer toujours veille,
Volant de cœur en cœur !
Et l’épouse et la sœur, et l’enfant et la mère,
Ont de lourds cauchemars ou de rêves charmants,
Car tantôt l’amour craint et tantôt il espère,
Au retour des absents.
 
Jean-Antoine Sauzet.
1918

La fontaine de Pécoule. Dessin de Jean Briatte (+).

 *****

Soubès, aujourd’hui
 
Je quitte l’Aire, je suis seul.
Personne aux fenêtres,
Pas de bruit dans les rues,
Seul dans la Coural, je me souviens.
Je revois les enfants, courant dans les ruelles,
Au milieu de la rue, une petite fille jouant à la marelle.
Mais je deviens rêveur…
Les enfants d’ici, les enfants d’ailleurs,
Ont délaissé leurs jeux pour des ordinateurs.
Un clin d’œil au Terral, un sourire à mon ancienne école,
Pécoule, le Barry, Catinettes, la Ville,
Ne soyez pas jaloux, un jour, je parlerai de vous.
Un signe à la croix,
Chemin ferré, je vous laisse de côté.
Je me dirige vers le Mas de Rouquet,
Derrière les collines le soleil s’est levé,
Réchauffant le plateau, éclairant la vallée.
Je marche lentement, fatigué je me suis arrêté.
Assis sur un rocher, le regard plongé dans la vallée,
Soubès, tu es là devant moi, tu es là à mes pieds.
Que de vignes arrachées !
Comme des champignons des maisons ont poussé,
Très peu de cheminées continuent de fumer,
Sur les toits, les antennes télé, sont marques du progrès.
As-tu gardé ton âme, ton cœur d’antan ?
L’instituteur, le maire, le curé, les personnes âgées,
Sont-ils toujours respectés ?
Bonjour, au revoir, merci, s’il vous plaît,
Sont-ils toujours prononcés ?
Ce n’est pas comme en ville, où on ne se parle pas,
Chacun rentre chez soi, on ne se connaît pas.
Chez toi, mon village, ce n’est pas comme ça.
La Brèze, le Suberbet, mes rivières, étaient là avant moi,
Le château, la tour, l’église,
Resteront longtemps, très longtemps, après moi.
Au fond de la vallée une cloche a sonné,
Jusqu’à moi, le son est arrivé.
Une larme à mes yeux est venue
Pleurer à mon âge, est-ce bien sage ?
La sagesse, le cœur, sont parfois frère et sœur.
 
Jean Causse
2009
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La terrasse et la façade sud de la Tour. Dessin de Lucien Albaret.
 
Soubès, le soir
 
Montagnes alanguies
Sous la douceur du soir
S’étirent à l’infini
Echappant au regard.
Le soleil y dépose
Parfois un peu de lui
Ainsi, s’y repose
Le mystère de la vie.
 
Chaque jour qui passe
Vient trouver l’oubli
Lumière qui s’efface
Pour mourir ici,
Emportant pour bagage
Toute la folie d’un monde
Venue boucler la ronde
Dans cet endroit si sage.
 
Puis la lune apparaît,
En drapant de silence
Tout cet havre de paix
Refuge de croyances.
Que vole mon esprit
Vers ces lieux délices
Chaque soir, chaque nuit
Par mon sommeil complice.
 
Jean-Claude Tronc, Patrick Angonin-Muller
Poème à deux mains. Ed. Les Beaux Arts. Soubès 1992.
 
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Porte d'entrée est du château de Peyrottes. Dessin de Lucien Albaret.

Le chevet de l'église Saint-Cyprien. Dessin de Lucien Albaret.
 
Hymne à Soubès (chanson : air "La Madelon")
 
Je suis le fils de ce beau coin de France
De mon Soubès tout inondé de soleil
Au doux climat qui nous donne la vaillance
Aux ceps dorés portant le raisin vermeil.
 
Je suis du pays des cigales
Je suis le fils des troubadours,
Et ma gaîté n'a pas d'égale
Je chante la vie et l'amour
Avec les feux du soir
Empourprant l'horizon
Comme au soleil levant
Jaillit mon chant d'espoir.
 
Refrain :
De mon Soubès, je chanterai sans trêve
La griserie du parfum de ses fleurs
Les horizons qui font naître le rêve
Et ses forêts, ses splendeurs,
Je chanterai, toujours avec ivresse
Le vin nouveau aux chatoyants rubis,
Le sol natal que l'Albigeois caresse,
Mon pays, mon pays, mon pays !
 
Mon cher pays, resteront en ma mémoire
Tes rocs altiers, découpant sur l'horizon
Leur silhouette, tantôt rose, tantôt noire
Ton ciel riant, comme l'eau de tes vallons.
 
Je suis du pays des abeilles
J'aime leur miel si parfumé
Puisé au coeur des fleurs vermeilles
Sur les côteaux illuminés.
Mais rien n'est plus charmant
Qu'une soirée d'été
Quand la lune d'argent
Nous verse sa clarté.
 
Chanson chantée les jours de fête dans les années 1940 - 1950. Retrouvée chez M. Albert Reynes.

Entrée est du château de Peyrottes. Peinture de Gérard Boyer (+).

Le clocher et la grande fontaine. Peinture de Jean Briatte qui illustrait l'affiche d'une des premières expositions d'été des artistes soubésiens. 1990 ?

Nature morte au livre. Peinture de Gérard Boyer.