Le chemin médiéval de Fozières

Le chemin médiéval de Soubès à Fozières est une voie communale qui faisait partie du réseau des chemins muletiers les plus anciens de notre pays. Il a été utilisé jusqu'à la fin du XIXème siècle avant d'être supplanté dans le courant du siècle dernier par la route départementale D149 que nous connaissons aujourd'hui. Jusqu'en 1850, il faut savoir que le transport à dos de mulet a représenté 95% de la circulation des marchandises. A l'époque où les véhicules même de type charette n'existaient pas, l'homme qui se devait pourtant d'effectuer des échanges, utilisait des mules bâtées d'où le nom de chemins muletiers correspondant aux voies empruntées par ces mules. Des voies qui faisaient l'objet d'un entretien assidû pour faciliter le transport des marchandises et le développement économique.

Accès : à pied exclusivement. A l'entrée de Soubès sur la D25, le départ du chemin de Fozières se situe à l'angle du pont sur la Brèze, en contrebas à droite en venant de Lodève.

 

En juin 2012 et après cinq années de nettoyage et de restauration des "calades" ce chemin a été inauguré par le Maire de Soubès et le Président de la S.P.E.S. accompagnés d'adhérents et de randonneurs du village. Vous verrez ci-dessous en regardant quelques photos le travail considérable qui a été entrepris par les bénévoles de l'Association  et qu'il convient de maintenir en état chaque année.

 

 

 

Le chemin tel que nous l'avons trouvé en 2007.

Ces chemins muletiers étaient empierrés dans les parties à fort dénivelé pour pallier le ravinement des eaux pluviales lors des orages et des épisodes cévenols où il n'est pas rare d'enregistrer en 1 heure 80 mm d'eau par m2, voire plus. Les sections empierrées appelées "calades" sont constituées de pierres fichées dans le sol, fortement serrées les unes contre les autres afin d'assurer une grande homogénéité de l'ensemble et donc une grande solidité. C'est pour cela qu'aujourd'hui encore on peut observer des sections caladées dans un état remarquable de conservation alors même qu'elles n'ont bénéficié d'aucun entretien depuis des décennies.

Lorsque la calade se dégrade en un point précis, son démantèlement complet est ensuite inéluctable.

Au fil des siècles, sous l'action destructrice des racines d'arbres, des fortes pluies, du gel à "pierre fendre", des motos dites "vertes", le chemin caladé avait toutes les occasions de disparaître... Et pourtant non ! Grâce à la qualité du travail des artisans de ces chemins, on peut voir la technique de construction géniale de la voirie ancestrale. Les pierres fichées dans le sol étaient choisies, des marches construites de biais en travers de la voie favorisaient l'évacuation des eaux de pluie vers les bas côtés... Des murs de soutènement étaient bâtis supportant le chemin créé parfois à mi-pente contre le rocher lorque l'absence de terre ne permettait pas de faire une encoche dans le sol trop dur.

Sous les feuilles mortes, la végétation ou simplement la terre, la calade est encore bien conservée.

Le chemin de Soubès à Fozières démarre selon le cadastre napoléonien de 1833 à 1835,  à l'angle du pont sur la brèze au niveau de la D25, rive gauche. Il suit parallèlement et en hauteur la riivère sur quelques 300 m avant de s'éloigner pour franchir le chemin d'Aubaygues et de monter abruptement dans une direction Sud-est jusqu'à couper la D149. Il se poursuit en face en direction du Trescol où il pénètre dans la commune de Fozières. Au mois d'octobre 2006, les fortes pluies exceptionnelles par leur intensité ont raviné les sols et emporté plusieurs murs de soutènement du chemin. En 2007, à la demande de Spes la municipalité soubésienne a installé des chicanes de bois pour empêcher le passage des motos tout-terrain qui causaient des dégradations du sol. A partir de février 2007, nous avons entrepris de débroussailler le chemin, de supprimer les arbres qui déstabilisaient par leurs puissantes racines, murs, calades et ruisseaux d'écoulement.

Le diamètre des troncs indique l'absence d'entretien du chemin durant les décennies passées.

 

Du renfort au printemps grâce aux randonneurs du comité de randonnée pédestre de l'Hérault.

Le chemin avant notre intervention...

Le chemin après notre passage...

Une autre idée de l'état de chemin avant...

Et après enlèvement de la terre qui recouvrait la calade

Section située en contre -bas de la D149 : lors des repérages...

En juin 2008...

 Bibliographie : Pour en savoir plus sur les chemins ancestraux en général et plus spécialement sur la vie sur les chemins muletiers, des ouvrages indispensables écrits par un grand connaisseur de l'histoire de l'Occitanie :

"Les chemins à travers les âges en Cévennes et Bas-Languedoc" de Pierre Clément, Les Presses du Languedoc, 1983. 380 pages. Réédité en 1984, 1989, 1994, 2003.

"Loÿs Bastide et sa Chaline", de Pierre Clément, 2007, aux éditions "Cheminements", 49260 Coudray-Macouard. 200 pages, 20 €uros. Tél. 02.41.67.74.54.

"La Via Domitia des Alpes aux Pyrénées", histoire de la plus ancienne voie gallo-romaine qui traverse le département de l'Hérault. Par Pierre Clément, édition Ouest-France 2004.

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